Avant de commencer, je souhaite un bon anniversaire à Audrey, ça tombait ce jour-là et en lisant mon périple tu comprendras pourquoi j'ai oublié.
Tout commence le jeudi 5 juillet à 11h24, quand je me lève d'un bond. En fait, tout aurait du commencer ce même jour, mais 5h plus tôt, c'est-à-dire à 7h, pour aller déjeuner tranquillement, me préparer pour participer au Meeting National de Bordeaux.
Donc 11h24, il me suffit d'un quart de seconde pour réaliser que c'est la misère. Mon train part de Montparnasse à 11h50 précises, autant dire que c'est mission impossible. Même pas maquillée pas caféinée et en mettant une djellaba.
Je me dis que je prendrai le train de 14h, et que vu l'horaire, je suis à présent "large". J'arrive à Montparnasse à 13h08, et au guichet on m'apprend que d'1) mon billet aller est perdu, irremboursable, et que 2) le train de 14h est complet.
Dans un moment de panique j'envisage de rentrer à l'Insep et de déclarer forfait, mais mon grain dans ma tête me dis de persévérer.
Et puis je demande conseil à ma mère et à Sarah Bensaïd qui me disent de prendre le train et de m'arranger avec le contrôleur.
Dans ce TGV à destination de Bordeaux-Toulouse, il y avait une vingtaine de wagons. Je suis montée dans le 15, et là encore, j'ai fait le bon choix. Pile la voiture réservée par une colo de vingt gosses et des mono complètement dépassés. Déjà on prend 20 minutes de retard.
Ah oui, précision importante, ce train était censé arriver à 17h14, et mon concours débutait à 19h00.
Donc 20 minutes de retard, je suis sur mon strapontin interwagons, j'attends, mais rien ne se passe, le train ne démarre pas.
Plus tard on apprend qu'il y a une intervention des "forces de l'ordre" dans un wagon, à cause d'un voyageur "très récalcitrant". Hum Hum...
On prend alors 20 minutes de retard supplémentaire. Le TGV finit par partir à 14h50.
Je vous passe les détails du voyage sur mon strapontin...
J'arrive ENFIN à Bordeaux à 17h50. Je prends le premier taxi qui se présente et bien sûr, il faut que je tombe sur un chinois !! en panique totale, on traverse le centre-ville, à l'affût d'un distributeur pour retirer du cash, parce que évidemment je n'en ai pas pour le payer. On arrive au stade sans avoir pu s'arrêter, il est 18h36. Oui mon concours est dans 20 minutes.
Il m'amène au Champion à côté pour retirer, et direct je vois que la machine a un problème. Y a rien marqué sur l'écran, c'est juste noir, avec des stries rouges. Dans le stress je mets quand même ma carte, en pensant que ça va s'allumer.
Mais non !!! Erreur (presque) fatale ! Rien ne se passe ! 18h40, j'appuie sur tous les boutons pour faire ressortir ma carte, dans ma tête je suis déjà prête à courir chercher quelqu'un, et à renoncer à lancer.
La seule fois où la chance me sourit dans cette journée : la carte ressort !
Le taxi m'amène au stade, il est 18h44, la maman de Nathalie me dépanne pour payer le taxi, et mois je cours chercher mon dossard.
Attendez c'est pas fini.
Vous vous doutez bien qu'après un tel périple, il aurait été miraculeux de sortir une perf.
Vous avez raison.
18h46, pas d'échauffement, pas d'étirements, direct les chaussures, la panique pour accrocher le dossard, deux jets pour tenter de se calmer, mais ...
Concours catastrophique, je ne rentrerai pas trop dans les détails, c'est pas la peine, mais 54m63 sur 3 tours. Impossible de lancer sur 4. Impossible de lancer tout court.
J'ai envie de dire "tout ça pour CA".
Morale de l'histoire : quand vous ratez votre train ET que vous sentez que le sort s'acharne sur vous, rentrez chez vous, tant pis.
Des questions ?